
Le point sur les différentes variations des cours des valeurs monétaires (Yen, Euro, Dollar) pour l'année 2011.
Quelle devise a le plus souffert ? Le Yen, le Dollar, l'Euro ou la Livre ?
Figure Maniax fait le point sur l'année et répond à vos questions.
Voici l'évolution des rapports entre les principales devises pour l'année 2011 :
- EUR/USD à 1,2961 contre 1,3386 soit une baisse annuelle de 0,0425

- EUR/JPY à 99,625 contre 108,400 soit une baisse annuelle de 8,775

- EUR/GBP à 0,8342 contre 0,8569 soit une baisse annuelle de 0,0227

- USD/JPY à 76,885 contre 80,915 soit une baisse annuelle de 4,030

(EUR : Euro (€), USD : Dollar américain ($), JPY : Yen (¥), GBP : Pound/Livre anglais (£))
Une année très dure pour la monnaie unique mais également pour les autres devises, le Dollar ne parvenant pas à reprendre du terrain face à un Yen fort.
Alors que jusqu'à fin Avril on avait cru à une reprise économique mondiale après la crise bancaire découlant du scandale des subprimes américaines, le séisme japonais n'a fait que précéder une série de tremblements de terre financiers. Une autre crise a vu le jour, celle dite de la Dette des Etats. Son symbole le plus fort a été la Grèce dont on a chaque semaine découvert un peu plus l'ampleur catastrophique. Aucun pays n'a été épargné, les USA passant même à quelques jours près du défaut de paiement.
Concernant l'Euro la situation s'est nettement aggravée à la rentrée de Septembre, avec une succession de plans de sauvetages dont on disait à chaque fois que ce serait le dernier. Dernière péripétie en date, le Royaume-Uni qui prend désormais ses distances avec le reste de l'Union Européenne et qui contrarie le seul rapport de devise où la monnaie unique aurait pu afficher une note positive. La publication des résultats annuels des pays du monde d'ici quelques semaines devrait confirmer une crise sans égal depuis celle 1929.
Le Japon, dont l'année a été rythmée par les aléas de la catastrophe de la centrale nucléaire de Fukushima, n'a pas pu redémarrer son économie déjà en berne auparavant. Entre le secteur énergétique limité du fait de l'arrêt de nombreuses centrales et la montée d'un Yen bien trop fort pour un pays exportateur, la seule bouée de sauvetage du partenaire américain s'est dérobée par la crise qu'a subi la première puissance mondiale. Le pays est désormais confronté à un niveau historiquement record de sa propre monnaie qui est le plus gros handicap qu'il ait jamais connu.
Questions / Réponses :
- Au final, quels seraient les deux scénarios, le plus catastrophique et le plus miraculeux, que l'on pourrait avoir en 2012, en tenant compte de toutes les démarches déjà initiées par les différentes instances ?
2012 sera une année noire pour nous ? ( je crois que c'est la question qu'on se pose tous)
Au vu des évènements récents il serait difficile d'établir un scénario fiable pour l'année complète (2011 le montre bien à l'image de la succession de plans pour sauver l'Euro dont chacun devait être le dernier). 2 scénarii extrêmes sont possibles :
- Accroissement de la crise de la dette avec des économies mondiales qui ne peuvent pas redécoller et sous le coup des dégradations continues de la part des agences de notation.
Ce scénario est tellement catastrophique qu'il est peu probable car outre les économies classiques il gripperait les pays émergents dont nous sommes désormais les clients (on voit mal la Chine laisser mourir ses clients pour se replier sur elle-même).
- Retour de la croissance mondiale avec une politique de l'emploi forte et une aide accrue des différentes aides apportées aux Etats par divers partenaires (pays émergeants comme FMI).
Ce scénario laissant la porte ouverte à un accroissement de la dette, il correspond à la définition du "reculer pour mieux se vautrer". Et malgré la situation économique de certains Etats, les habitants sont peu enclins à l'idée de vendre leur pays à des acteurs étrangers qui seraient alors en position de dicter leurs conditions.
Entre les deux on a une situation plus logique :
- Le scénario serait alors un début 2012 encore dur économiquement mais avec l'espoir d'un léger retour de la croissance mondiale à partir du second semestre, sans pour autant être assez fort pour que l'on dise que la crise est vraiment derrière nous.
Ce scénario mèle politique de rigueur ainsi que de relance. Mais en ce qui nous concerne directement il ne pourra se dessiner qu'après les échéances électorales à venir, car il y a peu de chance que des actions de grande envergure aient lieu d'ici là. Les élections allemandes de début 2013 devraient aussi donner le visage du futur couple franco-allemand, moteur de l'Union Européenne.
- L'euro est à la peine, résistant tant bien que mal avec le dollar mais le yen a atteint son plus fort niveau en cette fin d'année.
Est-ce que le problème vient de l'Europe ou du Japon qui ne fait rien pour endiguer le phénoméne ? En cas de crise (monétaire ou autre), le yen monte tandis que les autres monnaies baissent ; à quoi cela est-il dû ?
La monnaie unique paie ce qui faisait alors sa force, la présence d'économies différentes en son sein. Jusqu'alors on se disait que l'on pouvait compter en cas de défaut d'un membre sur un autre pour l'aider (pour schématiser si l'industrie allemande est à la peine, le secteur du tourisme de pays du Sud pourrait compenser par ses bons chiffres). Or l'impression de chacun pour soi qui domine alors que cette formule s'est révélée bancale (face aux déficits cachés de certains pays membres) a miné la confiance des investisseurs. L'Europe se doit désormais d'afficher une image plus solidaire pour regagner la confiance des marchés.
Le Japon a lui essayé à plusieurs reprises de faire baisser sa monnaie mais à chaque fois cela n'a été que de très courte durée (parfois même juste une journée). Les interventions de la Banque Centrale Nippone n'ont désormais plus aucun effet et le pays ne peut plus faire appel à des partenaires eux-mêmes englués dans leurs propres problèmes. Signe de ce problème le Japon et la Chine ont annoncé leur intention de se payer entre eux via leurs propres devises et non plus via le Dollar comme cela était le cas jusqu'alors.
- Y'a-t-il vraiment quelqu'un ayant un rôle prépondérant dans le rétablissement de l'économie, ou bien est-ce tout le monde à la fois et donc un gros flou artistique ?
Après la crise mondiale déclenchée par les subprimes un organisme, jusqu'alors assez peu considéré, s'est imposé en la personne du FMI. Devenu sauveur de l'économie mondiale, il a permis par ses actions de relancer les pays en crise et de devenir le Banquier du Monde (et non plus des pays émergeants). La montée en puissance de DSK a bien illustré cette situation.
Mais depuis la crise de la dette des Etats c'est désormais le triumvirat des Agences de Notations qui a fait main basse sur ce pouvoir. Jusqu'alors Fédéral (chaque pays versant des fonds au FMI), le pouvoir est devenu Privé - et par là même sans contrôle des Etats. Une montée en puissance étonnante de la part d'un acteur des dernières crises (en affichant une pleine confiance face à des subprimes voués à l'échec et en truquant les chiffres de la dette grecque).
Subissant désormais les notes de ces instances les pays en sont devenus les victimes sans réel pouvoir à leur opposer. Reste à voir si leur mainmise sur l'économie mondiale va durer ou si leur chute sera aussi rapide que leur ascension ...
- A ton avis, la sorte de psychose par rapport à l'année 2012 (fin du monde, toussa) peut-elle jouer un rôle, ou bien ceci sera d'une ampleur négligeable ?
Au vu de ce qui s'est passé avec le passage à l'an 2000 on peut raisonnablement écarter l'idée de psychose. Même l'impact de cette prophétie dans des secteurs de consommations (livres et films sur le sujet) ne représente rien comparé au total. On peut donc dire que l'influence économique de cette thèse sera proche du néant.





