Une nouvelle édition du festival des loisirs japonais, Japan Expo 2012, vient de se clôturer. Nous revenons sur l’événement le plus important de la scène japanime européenne en vous proposant notre compte-rendu.
Du 5 au 8 Juillet 2012 se tenait, donc, la 13ème édition de Japan Expo le salon européen de référence pour tout ce qui touche à l’entertainment nippon, de près ou de loin.
Impossible de rater cet événement devenu incontournable. La cuvée 2012 a, d’ailleurs, dépassé la barre fatidique des 200.000 visiteurs sur 4 jours !
Dans ce petit reportage, nulle trace des éditeurs et revendeurs de figurines, ils feront l’objet d’un traitement séparé dans Le festival côté figurines.
Les éditeurs
Comme les années précédentes, tout ce que notre pays compte d’éditeurs d’importance s’est donné rendez-vous à l’event estival de l’année, et c’est peu dire que d’affirmer qu'ils sont démenés pour voir toujours plus grand, que ce soit par la taille et la qualité de leurs stands, ou par les "primes" manga qui se sont tirés la bourre durant ces 4 jours.
Kaze
Kaze, tout d’abord, qui, depuis son rachat par Viz Media Europe, fait montrer de son gigantisme à chaque Japan Expo, nous proposait un énorme espace. En plus du traditionnel stand de vente - un côté Kaze Manga, un côté Kaze Anime et un dernier (plus restreint) destiné au label musical Wasabi Records – on trouvait un bar thématisé, le Geek Bar (pour KZ Play) qui vous proposait de vous désaltérer gratuitement tout en essayant de vous vendre un abonnement au service de VOD, mais aussi un énorme bus à double étages pelliculé avec les licences shônen à succès de Kaze Manga !
Tout cela était complété par plusieurs écrans LCD diffusant des extraits des animés de l’éditeur, et un petit espace consacré à Makoto Shinkai (réalisateur de 5cm per second) qui était invité au festival dans le cadre de la sortie de sa dernière œuvre : Voyage vers Agarta.
Niveau goodies, on a été gâtés côté Kaze Manga, car l’éditeur ouvrait son programme de l’été avec ses verres shônen offerts pour 2 mangas achetés (dont un du titre concerné par le verre), un grands nombre d’éventails différents, de très jolies pochettes plastiques, et, pour la première fois, un grand sac tissé à l’éffigie de One Piece/Les Enfants Loups offert pour tout achat.
Tonkam
Cette année, Tonkam a voulu frapper fort, non pas avec un stand plus impressionnant (il n’a pas trop changé de l’année passée), mais avec le nombre de "primes" offertes pour tout achat de mangas sur leur stand.
Autant l’éditeur a toujours été avare jusque là dans ce domaine, autant cette année il s’est sacrément lâché !
D’abord, on a eu droit, en exclusivité, à la mise en vente du tome 1 de Medaka Box, leur nouveau hit issu du Weekly Shônen Jump, qui ne sort officiellement qu’en septembre prochain, avec la couverture régulière et une exclusive offerte pour tout achat du tome.
Plusieurs autres volumes ont, aussi, eu droit à une sortie anticipée ; entre autres : To Love Darkness, Hakaiju, Orange Road et Anedoki.
Au rayon "primes", donc, Tonkam proposait une bouteille d’eau Medaka Box (riche idée), une canette d'energy drink à l'effigie de Free Fight, des lithographies de plusieurs de leurs titres (To Love Darkness, Wingman, Hikaru no Go, Orange Road, Vampire Bund, Rosario+Vampire…), un calendrier Dance in the Vampire Bund, des t-shirts Free Fight, Medaka Box et Vampire Bund, et quelques autres.
Autrement dit, l’évènement goodies était sur le stand Tonkam, rien que ça !
Après plusieurs années à ne rien proposer (ou presque) dans ce registre, l’éditeur parisien s’est complètement lâché, pour notre plus grand plaisir !
A noter que l'éditeur était à l'origine de la venue du mangaka de Free Fight, Testuya Saruwatari et le stand était au couleurs du hit de l'artiste.
Ki-oon
L’éditeur en vue du moment (avec ses titres cultes : Übell Blatt, The Arms Peddler, Pandora Hearts, Doubt, du répertoire de T. Tsutsui …) proposait, peu ou prou, la même chose que l’année passée.
Ki-oon étant à l’origine de la venue de Tetsuya Tutsui, dans le cadre de la sortie de son nouveau titre Prophecy. La présence de l’éditeur était aux couleurs de leur nouveauté. Au programme : exposition de figurines taille réelle des divers protagonistes des mangas de Tsutsui, réalisées par Tsume, et une autre sur la licence A Certain Magical Index avec présentations de goods/figurines et diffusions de l’animé, et enfin le stand de vente habituel où l’on recevait le désormais traditionnel immense sac de l’éditeur contre l’achat de 3 volumes et quelques goods tels qu’un poster Übell Blatt ou encore un ex-libris Pandora Hearts.
A noter que pour l’achat d’un manga issu de l’écurie japonaise Square Enix, vous pouviez recevoir un ticket vous faisant gagner un lot sur le stand Square Enix.
Kana
Kana profitait de la présence de l’un de ses mangakas phares, Naoki Urasawa, pour mettre en avant une petite expo de ses travaux chez l’éditeur, en sus de son important stand de vente.
L’éditeur proposait, aussi, un stand dédié à son manga I am a Hero où l’on pouvait se faire "transformer" en zombies.
Plusieurs titres ont eu droit à une commercialisation anticipée et on pouvait s’y procurer quelques goodies : stickers, posters, ex-libris…
Une exposition dédiée aux 10 ans de la licence Naruto en France s’étendait sur 120 m², côté Comic Con, à l’initiative de l’éditeur.
Glénat
Dans l’habituel stand fermé, où l’on déambule après avoir passé les arches pour accéder aux milliers de volumes en vente, on pouvait accéder à une petite exposition consacrée à Bleach où l’on pouvait se faire apposer un tatouage éphémère issu de la licence. De plus, l’éditeur proposait quelques éventails et un grand sac One Piece ainsi que… des chewing-gums de la bande à Luffy !
Les autres éditeurs
Difficile de faire un paragraphe par éditeur concernant les suivants, car ils ne proposaient globalement pas grand chose.
Chez Kurokawa, on pouvait trouver sur leur joli stand quelques goods contre l’achat de 2 volumes, parmi porte-clés, trousses et jeux de cartes issus des licences Secret Service, Soul Eater et Lost Canvas.
Chez Soleil, Doki-Doki, Dybex, Declic, Taïfu/Ototo, Panini et Delcourt on avait droit essentiellement à de la vente de titres, dont certains en avant-première, et quelques goods dont des posters, mais rien de plus.
Les autres stands
Cette année, on a eu droit à un stand dédié au Studio Ghibli sur lequel ont pouvait voir exposés divers goods autour des longs métrages du studio d’animation, et sur lequel il était possible d’acheter quelques items tels que des DVD, Blu-ray ou bien encore des t-shirts.
En l’honneur de son invité d’honneur manga, le festival Japan Expo proposait une exposition consacrée à Naoki Urasawa où l’on pouvait admirer ses travaux.
Le célèbre Manga Café était encore présent durant ces 4 jours, pour permettre aux visiteurs d’acheter leurs mangas, mais proposait aussi son habituel espace de lecture sur banquettes. C’est un lieu traditionnellement très fréquenté de part son caractère gratuit. Bien que très sympathique, j’ai encore du mal à comprendre l’intérêt financier que peut représenter ce type d’opération, au-delà de la simple opération de communication.
L’exposition Wabi Sabi présentait, quant à elle, plusieurs objets traditionnels japonais et divers démonstrations d’arts ancestraux.
Les organisateurs de Japan Expo, fidèles à eux-mêmes, proposaient une expo « Hall of Fame » dédiée aux grands artistes défunts (Osamu Dezaki, Shingo Araki, Bruno Bianchi, Jean Giraud, Osamu Tezuka entre autres). Une manière supplémentaire de leur rendre hommage.
La Maison de la Culture du Japon avait un stand d’une taille respectable où elle vendait essentiellement des revues et des artbooks, ainsi que quelques CD dont le dernier taggé Miku Hatsune.
Chose qui m’a paru étonnante, cette année, Manga Distribution, renommé en Manga Story, n’est pas venu avec ses fameux coffrets VF à 5 euros mais uniquement avec ses coffrets « Gold » et ceux d’autres éditeurs (Black Bones, Dybex, Beez…).
Le temps des coffrets à tout petit prix qui partaient comme des petits pains, et laissaient un stand vide le dimanche soir, semble bel et bien révolu…
Etrange, aussi, l’engouement de ces dernières éditions pour les revendeurs de katanas en carton-pâte. Ils se multiplient d’année en année, et ne semblent jamais en mesure de contenter les nombreux acheteurs de ces breloques à 20 euros…
Atsuatsu, la "marque" de restauration rapide japonisante était, de nouveau, présente avec 2 stands (un dans chaque hall) qui n’ont pas désempli des 4 jours. Chaque comptoir était la cible d’une queue immense venue essayer les takoyakis et les okonomiyakis proposés. Pas une heure n’a passé sans que ses stands ne soient pris d’assaut. Un beau succès qui m’a empêché d’avoir mon Calpis annuel…
Les stands amateurs
Grande nouveauté, peu appréciée d'ailleurs, les stands des dessinateurs amateurs (fanzines) avaient été déplacés en plein hall 6, soit dans la partie Comic Con.
Cette décision, si on se doute qu'elle est (au moins en partie) dûe à l'aspect financier de la chose (Japan Expo attire nettement plus de monde que Comic Con), est difficilement acceptable.
Si on trouve quelques fanzines inspirés par la culture anglo-saxonne et américaine, la majorité des stands amateurs propose des oeuvres et des artworks directement inspirés de la culture manga. De plus, le mouvement français du fanzinat trouve sa source dans le marché nippon des dôjinshis. On est, donc, en présence de "produits" totalement japonisants, qui se trouvent hors-sujet ainsi placés entre la zone "Starcraft II", les stands de comics et ceux de JDR papier...
Certains amateurs, tels le YumYum Studio, ont pris le parti de délaisser l'espace amateurs (où le stands sont loués 160 euros pour une surface "standard) pour être placés dans un espace nommé "Espace Jeunes Artistes" placé dans le hall (celui de Japan Expo), avec la contrepartie de régler une facture nettement plus lourde (on parle de 600 euros).
L'histoire ne dit pas si le pari fut payant, mais si les organisateurs doivent tirer les leçons de ce choix, je pense qu'ils doivent revenir en arrière pour l'édition 2013 et replacer les amateurs là où ils ont toujours été : dans le hall 5. D'autant que les remplacer par une expo de voitures nippones, franchement...
Du côté de Comic Con
Côté Comic Con on trouvait toute la partie jeux vidéo avec un énorme stand Nintendo où l’éditeur nippon présentait, en avant-première mondiale, sa 3DS XL.
D’ailleurs, la présence de « Big N » était placée sous le signe de sa console portable avec plusieurs opérations en lien avec la 3DS : concours journalier du maximum de Mii sur sa place virtuelle, tournois de Mario Tennis et de Kid Icarus, entre autres.
L’éditeur présentait, en outre, le nouveau Mario : New Super Mario Bros. 2.
Le PDG de Nintendo, Satoru Iwata, en personne, a fait le déplacement à Villepinte pour voir le joli espace aménagé par la filiale française.
Bandai Namco avait, aussi, fait le déplacement à Paris-Nord, avec un gros et beau stand dédié à ses licences phares.
Les équipes Bandai du musée Gundam Front de Tokyo avaient dépêché un très joli stand dédié à la "marque" de produits vendus au Japon : Strict-G, où étaient présentés t-shirts, polos, vestes, porte-cartes, portemonnaies… Mais rien n’était vendu sur place, au grand dam de certains !
On trouvait bien d’autres stands au Comic Con, mais dont le thème est trop éloigné de Figure Maniax pour que nous nous y attardions.
Activités
Qui dit Japan Expo, dit activités. Et une fois de plus, elles étaient nombreuses.
Au programme de l’édition 2012, les festivaliers pouvaient s’initier au catch japonais, au karaté, à l’arc japonais, au kendô, au baseball (sport n°1 au japon), à l’origami, au mah-jong, au shôgi, au go, à l’aikidô, mais aussi s’informer sur la saga Gundam sur le stand de l’AEUG, et découvrir les nominés des Japan Expo Awards 2012 sur la grande exposition dédiée.
Concerts et spectacles
L’aspect entertainment de Japan Expo est totalement exploité avec l’organisation du JE Live House, où de nombreux artistes japonais viennent se produire pendant le festival.
Cette année, on pouvait écouter des musiciens plutôt célèbres tels que Flow, Kyary Pamyu Pamyu, Man with a Mission, les Momoiro Clover Z ou bien encore Hemenway (groupe avec lequel Naoki Urasawa s’est produit sur la scène de Villepinte).
Flow, groupe rendu célèbre pour ses interprétations de certains génériques de la série Naruto, s’est produit en concert (payant) sur la scène du Live House le vendredi soir, à 19h30.
En conclusion
Je vais, une fois de plus, en décevoir beaucoup, car je n’ai aucun avis négatif sur ce festival. Non pas parce que nous sommes « site ami » de Japan Expo, mais parce que je suis totalement comblé par la formule actuelle de ce salon.
De mon point de vue, c’est ce qui se fait de mieux sur l’enternainment nippon en dehors des frontières du pays du soleil levant, avec des activités à foison, des exclusivités par camion, des stands rivalisant de créativité et de cadeaux, et une vraie ambiance. On sent que Japan Expo c’est l’évènement à ne pas rater, où des centaines de milliers de fans se donnent rendez-vous pour passer 4 jours en immersion complète dans la culture visuelle moderne japonaise.
Je souris quand je lis certains compte-rendus de part le net. Pas assez « culture » par ici, trop mercantile par là, voire juste nulle parce que populaire.
Oui Japan Expo est un grand supermarché du « produit manga », les revendeurs et les éditeurs répondent en ce sens à la demande du public. Les gens veulent toujours plus de produits, toujours plus d’exclusivités, toujours plus de cadeaux en tous genres. Et les professionnels répondent présent avec un nombre incroyable de volumes vendus en avant-première, sans compter la foison de revendeurs de goods en tout genre et les "primes" qui ont atteint un niveau record en 2012 !
C’est drôle, d'ailleurs, que l'on reproche le mercantilisme du festival, car le public français se comporte peu ou prou comme le japonais. Lors du Comiket ou bien encore du Wonder Festival, les gens viennent pour acheter les produits proposés, et ça ne choque personne.
Japan Expo répond à la même logique pour le public local.
Mais Japan Expo est bien plus qu’un simple supermarché : c’est bien l’event qui met en lumière toute la richesse de la culture visuelle japonaise à travers ses différentes facettes. Les japonais ne s’y trompent d’ailleurs pas, et reconnaissent le festival tel qu’il est : une mine d’or pour la promotion de leur culture moderne en Europe. Rien de moins.
Toutes les photos prises lors du festival sont ici.






