Le festival vient à peine de fermer ses portes sur quatre journées intenses, et il est déjà temps d’en effectuer un compte-rendu.
Alors que les premiers indices de popularité du salon se font jour, l’organisateur (SEFA Event) communique sur une fréquentation exceptionnelle d’environ 200.000 visiteurs pour une surface totale de 100.000 m². On a donc atteint, cette année, deux caps symboliques dans l’histoire du plus important événement de la culture visuelle japonaise !
Je me répète chaque année, mais Japan Expo c’est, plus que jamais, l’event de tous les superlatifs !
SOMMAIRE
Le festival
Les éditeurs de figurines
Les revendeurs de figurines
Conclusion
Le festival
La recette conçue par SEFA Event n’a pas changé depuis l’an dernier : un savant mélange de culture pop, de tradition, de mode et de jeu vidéo japonais composait l’alchimie de cet énorme et incontournable événement.
Et force est de constater que la formule touche son public, ce ne sont pas moins de 30.000 visiteurs supplémentaires qui se sont pressés au Parc des Expositions de Paris-Nord Villepinte, par rapport à l’édition précédente. Ce qui porte le chiffre total à 200.000 visiteurs qui se sont tous mis à l’heure nipponne pendant quatre jours !
Tous les éditeurs de mangas et d’animés qui comptent en France s’étaient donnés rendez-vous au festival, avec des stands qui rivalisaient d’originalité.
Ki-oon a pris le parti de mettre en avant sa licence Judge avec la présence de l’auteur et un stand de promotion composé de mannequins (taille réelle) habillés des masques caractéristiques du manga.
Kaze avait un stand « double-face » : un côté pour Kaze Manga, l’autre pour Kaze Video, et à une des extrémités une petite scène pour diverses conférences spécifiques à l’éditeur (avec notamment la présence du producteur de l’animé Tiger & Bunny).
Kana proposait, en plus de son habituel stand de vente, une zone vitrée fermée dans laquelle un studio de doublage avait été installé pour permettre aux festivaliers de s’adonner à des essais sur les animés de l’éditeur.
Les autres éditeurs (entre autres Kurokawa, Soleil, Taïfu, Doki-Doki, Tonkam, Pika…) n’avaient rien prévu d’autre que des stands uniquement dédiés à la vente de leurs productions.
Ainsi que le veut la « tradition », la quasi-totalité des éditeurs présents proposaient bon nombre de sorties en avant-première pour le festival, majoritairement de quelques jours seulement mais pour certains titres, c’était des sorties anticipées de 2 mois !
Tant de produits en vente sur des surfaces gigantesques, qui fait du salon le plus grand supermarché européen de produits manga.
On trouve de tout début juillet à Villepinte : des goodies divers et variés, des costumes, des sabres et katanas, des posters, des vêtements, des maquettes, des CD, des DVD/Blu-ray, de la nourriture et des boissons asiatiques, de la vaisselle, … Bref, tout et n’importe quoi tant que c’est estampillé manga !
Il y en a pour tous, pour tous les genres, du gamin fan de Naruto au passionné de mode à la sauce nipponne !
Ce sont, en tout, près de 40 millions d’euros qui transitent durant ces quatre jours au nord de Paris ! On comprend mieux l’empressement des éditeurs et des revendeurs à être présents !
Côté culture et traditions, on trouvait les, désormais habituels, zones de jeux (go...), de sport (baseball, art-martiaux, catch…), et les expos diverses et variées.
Au rayon expos, Japan Expo nous en gratifiait d’une en hommage au réalisateur Satoshi Kon (Perfect Blue, Paprika…), une autre dédiée à l’invitée Yumiko Igarashi (mangaka de Candy Candy notamment) et une au mangaka Osamu Tezuka à l’occasion des 60 ans du manga Astro Boy.
Au rayon invités, on est un peu descendus d’un cran après les incroyables éditions précédentes (Clamp, Mazakazu Katsura, Tsukasa Hôjô…), mais quelques grands noms ont tout de même fait le déplacement tels Nobuteru Yuki (chara designer de Lodoss, Escaflowne, Chrono Cross…), Yumiko Igarashi ou bien encore Akira Yamaoka (compositeur des musiques de Silent Hill).
Les éditeurs de figurines
Cinq producteurs de figurines ont fait le déplacement à cette édition du festival : Good Smile Company, Square Enix Products, Clayz, Kotobukiya, et Tsume.
Clayz
Clayz était présent sur un mini stand, avec quasiment rien à vendre : à peine 3-4 figurines issues des travaux de l’invité figurine de cette édition, M. Takeshi Miyagawa et son artbook.
Bien que l’enseigne affichait le nom de l’éditeur, le stand était plutôt une petite zone de promotion de M. Miyagawa, tenue par ses proches.
C’est très dommage d’avoir un espace sur le salon et de l’avoir sous-exploité à ce point !
Good Smile Company
Good Smile était, quant à lui, placé peu ou prou au même endroit que lors de la dernière édition, avec un stand de présentation assez similaire.
Une demi-douzaine de vitrines présentaient les dernières réalisations (parues ou à paraître) de l’éditeur et de Max Factory, que ce soient les statuettes, ou bien encore les gammes Nendoroid et Figma.
Comme Figure Maniax l’indiquait courant juin, l’éditeur au bon sourire avait amené un stock de plusieurs centaines d’exemplaires de la Miku Hatsune Support Ver. de la gamme Nendoroid, seule production vendue sur le salon par GSC. Cette figurine, dont le tiers du prix de vente est reversé à la Croix Rouge Japonaise, était vendue 30 euros et tous les exemplaires disponibles ont trouvé preneur.
Il est assez « drôle » de constater que, du coup, les personnes ayant précommandé cette Nendo directement sur le Good Smile Online Shop ne devaient la recevoir que fin juillet, alors que l’éditeur avait un tel stock disponible pour Japan Expo. Cela en aura fait rager plus d’un ! Et c’est, somme toute, assez compréhensible.
Pour la troisième fois en un an, notre équipe a eu le privilège d’interviewer le responsable de GSC, M. Takanori, accompagné, cette fois-ci, du PDG de Max Factory, M. Max Watanabe.
Tsume
L’éditeur européen était présent (officiellement), pour la toute première fois avec plusieurs résines à présenter au public : Gaara Shukaku’s Hand (Naruto Shippuden), Kenpachi Zaraki (Bleach), Ikki (Saint Seiya), Ezio (Assassin’s Creed) et Maka (Soul Eater).
Le peintre des prototypes de la marque, Guillaume Hemery, était présent en « démonstration », et travaillait sur Deidara de Naruto Shippuden et Saga de Saint Seiya.
Un ordinateur était disponible pour présenter aux visiteurs les techniques de modélisation 3D utilisées par les sculpteurs pour la réalisation des statuettes.
Les personnes intéressées avaient la possibilité de passer commande, en avant-première, du Kempachi et du Ikki en versions dédicacées par le staff.
La présence de Tsume lors de cet event nous a permis de réaliser un second entretien avec le directeur artistique, Cyril Marchiol.
Kotobukiya
Bien que non indiqué sur le plan officiel du festival, Kotobukiya était, de nouveau, présent avec exactement le même stand qu'en 2010. Et encore une fois, c’était sur le stand de leur distributeur Discount Manga (Kaze), dédié principalement à la revente. Dommage de ne pas l’avoir signalé aux visiteurs à l’avance.
Square Enix Products
Square proposait un stand similaire à celui qu’il tenait l’an passé. De très nombreuses vitrines pour présenter leurs productions en vente, et quelques prototypes à venir dans les différentes gammes de l’éditeur.
Les revendeurs de figurines
Si on avait pu signifier le plaisir que procurait la diminution du nombre d’enseignes vendant des figurines contrefaites l’an passé, on ne peut que déplorer le retour en force de celles-ci en 2011.
Bien malheureusement, il y avait plus de statuettes contrefaites en vente que de productions officielles lors de Japan Expo 2011. C’est un fait constaté par de nombreux acteurs du monde de la figurine manga.
On trouvait pléthore de productions à tirages très limités telles la Nendoroid Snow Miku ou celle de Good Smile Racing, qui étaient, bien entendu, des contrefaçons.
Le plus incroyable dans tout ça, c’est de constater le manque total de connaissance des acheteurs qui ne voyaient pas la mauvaise qualité des PVC qu'ils achetaient avec un grand sourire.
Je reste dubitatif quand je vois que les revendeurs peu scrupuleux arrivent à vendre des cartons entiers de produits alors que la figurine exposée penche dangereusement dans une position indescriptible, et que les cheveux ne sont pas composés de mèches mais d’un amas informe de plastique et de peinture au plomb.
Nombreux sont les passionnés à s’interroger fortement sur les tarifs prohibitifs pratiqués par les revendeurs de bootlegs, qui pratiquent les mêmes que pour les produits officiels.
Mais c’est d’une logique implacable. Pour ne pas éveiller le soupçon, il ne faut surtout pas vendre un produit contrefait à un tarif trop éloigné du produit que l’on copie. Ce n’est même pas nécessairement une question de marge (énorme) réalisée, c’est surtout pour ne pas se faire prendre la main dans le sac.
Au rayon des revendeurs de produits officiels, on trouvait plusieurs enseignes que Figure Maniax vous conseillait dans sa carte spéciale hobby et quelques autres de qualité, mais globalement il y avait nettement plus de figurines contrefaites en vente que des officielles...
Conclusion
Une nouvelle édition chargée en activités et en loisirs propres à occuper tout passionné, particulièrement marquée pour les amateurs de figurines avec la présence de M. Miyagawa en tant qu’invité officiel et de plusieurs éditeurs majeurs du secteur.
Cela prouve, couplé à l’important succès des figurines en vente (officielles comme bootlegs), que le hobby devient petit à petit un élément incontournable de la culture manga et que Japan Expo en prend toute la mesure.
Une édition 2011 qui nous aura demandé pas mal de travail (3 interviews et des milliers de photos), mais qui aura été riche en informations pour tout hobbyiste et particulièrement pour un média spécialisé comme Figure Maniax.
Au-delà du "travail" que cela nous demande, le festival Japan Expo c’est quatre jours en apnée, plongés entièrement dans la culture manga. Quatre jours de plaisir que l’on attend avec impatience d’une année à l’autre. Définitivement un événement incontournable. Vivement l’année prochaine !
Kubo
Photos : JC






