Si l’on remonte un peu dans la jeune histoire de cet éditeur, en 2010 plus précisément, nous étions les premiers à nous entretenir avec ce qui allait devenir l'entreprise Tsume.
Depuis, nombreux sont ceux qui se sont rués sur Cyril Marchiol et son équipe, pour les starifier et vouer un quasi culte à ce manufacturier européen, en laissant de côté tout esprit critique.
Depuis notre première entrevue, nous n’avons pas dérivé d’un iota sur notre totale impartialité et notre responsabilité éditoriale. Dans nos échanges et dans nos tests, nous conservons cet esprit et cette volonté de ne pas travestir la vérité pour en faire ce qu’elle n’est pas, et surtout pour améliorer ce qui peut l’être. Et cela en conservant toute l'admiration que nous portons à ce pionnier européen du genre.
Toujours dans cette optique, nous entamons la 3ème interview de Cyril, qui est accompagné, aujourd’hui, de son tout nouveau responsable de la communication, Sébastien Agogué, dans le cadre du festival Japan Expo 2012.
Entre échanges vifs, passionnés et engagés, se dessinent les contours des derniers mois vécus par la marque à la griffe et ce qui sera peut-être son avenir…
Bonjour à tous les deux. Si les habitués de Figure Maniax te connaissent Cyril, en revanche ce n’est pas forcément le cas de Sébastien. Peux-tu te présenter à nos lecteurs s’il-te-plait ?
Sébastien : Bonjour, je suis Sébastien Agogué, le responsable de la communication de Tsume depuis 10 mois. Avant cela, j’ai été pendant 9 ans l’attaché de presse puis le responsable de la communication des Editions Tonkam.
Ça fait 12 ans que je suis webmestre de Mangavore.fr.
Je suis un passionné de japanime dans son ensemble, en fait de tout l’entertainment japonais.
J’ai rejoint Tsume parce que c’est une aventure qui avait l’air palpitante, et après 10 mois de travail je ne regrette pas mon choix.
Cyril, cette année, pour Tsume, c’est le troisième Japan Expo, et la deuxième année d’exploitation de la marque. Quel bilan tires-tu de cette vingtaine de mois d’existence ?
Cyril : On a fait beaucoup d’erreurs, mais il y a eu beaucoup de bons moments.
C’est compliqué de tirer un bilan, car quand on est dans l’action, il y a tellement de choses à gérer qu’un recul est compliqué à avoir. Y’a tellement de choses à faire, c’est un secteur très compliqué.
Il est clair que, par rapport à la première année, on a appris plein de choses de nos erreurs. Aujourd’hui on est plus forts pour aborder le futur. On a réussi à nouer contact avec beaucoup de gens, ce qui va nous permettre d’évoluer. Je suis assez serein sur ce qui va arriver prochainement.
On a vraiment appris plein de choses. Ne serait-ce qu’au niveau de la tenue de notre stand à Japan Expo, on sent par l’accueil du public qu’on a réussi à fédérer une importante communauté de fans. On a suscité un engouement qu’il n’y avait pas l’année passée, très clairement. Et ce n’est que le début, je pense que demain ce sera encore bien plus fort !
« Aujourd'hui on est plus forts pour aborder le futur de Tsume. »
On constate que vous présentez deux productions atypiques cette année avec une PVC issue d’un « global manga » (Terrence de Dreamland) et une résine tirée d’une illustration d’un artiste français, Aleksi Briclot. Vous vous présentiez comme une entreprise qui faisait des statuettes manga, le nom de la boite est d’ailleurs japonais. Seulement deux ans après vos débuts, vous vous lancez déjà dans des produits qui sont dérivés de la japanime, mais qui n’en sont pas. Ne pensez-vous pas que vous segmentez déjà un peu trop votre marché, alors que la société est jeune ?
Cyril : Alors pour Azzar'hi, la HQS (High Quality Statue) que l’on a réalisé avec Alekis Briclot, c’est assez particulier. C’est juste une statue, nous ne sommes pas dans l’idée d’en faire une gamme à part entière.
On va dire que c’est plus un kiff personnel, un kiff artistique de la part de toute l’équipe. Travailler avec Aleksi c’est juste énorme. Je vous en avais déjà parlé l’année passée. J’avais vraiment envie de monter un projet avec un artiste européen, pour essayer de "challenger" les autres marchés. Pour dire « Nous aussi en Europe on sait faire des choses, on sait faire des produits de qualité. On va vous montrer de quoi on est capable ! ».
Sur les produits dérivés on parle toujours d’illustrations japonaises, d’illustrations américaines, et ça me pose un problème qu’on pense que nous, en Europe, on ne soit pas capable de faire quelque chose de qualité dans ce domaine.
On est parti de cette constatation.![]()
Je ne suis pas en train dire qu’on va en écouler 3000 exemplaires ni que je vais réaliser 60 produits de ce type, mais plutôt dans l’optique de produire une belle « carte de visite ». C’est aussi la preuve qu’on sait faire autre chose que du japonais, que l’on peut prendre des commandes de productions en « marque blanche » et entrer dans d’autres marchés comme le marché américain. Ça permet d’élargir les possibilités sans forcément nous obliger à produire une gamme uniquement composée de ce type de produit.
J’adore tout ce qui est japonais, d’ailleurs je vais vous annoncer quelques petites nouveautés pour vous prouver qu’on mise toujours sur les licences japonaises.
Mais j’ai envie de montrer qu’on est européens et qu’on est capables de faire cde genre de chose.
Tsume est une marque "japonisante". Vous n’avez pas peur de perdre votre public traditionnel avec ce genre de produit ?
Sébastien : Comme le dit Cyril, on n’essaye pas de percer le marché du goodies européen en créant une gamme complète. C’est une vraie collaboration avec Aleksi, on travaille main dans la main sur le projet.
Nous avons, parmi nos fans, des gens qui ne sont pas uniquement fans de Naruto ou de Bleach, mais qui sont vraiment fans de notre travail. Ceux qui étaient présents au festival nous ont prouvé que la statue d’Aleksi leur plaisait.
Il ne faut oublier qu’il y a aussi tout le public d’Aleksi, qui est un auteur très populaire. Le but n’est pas d’aller chercher de nouveaux marchés, mais c’était plutôt un vrai kiff comme le disait Cyril. On avait, aussi, envie de proposer à nos fans, et à ceux d’Aleksi, un produit différent qui viendrait compléter leur collection d’artbooks, de cartes Magic, de comics, etc…
On va, sans doute, gagner de nouveaux clients qui ne connaissaient pas notre travail antérieur, ni celui d’Aleksi mais ce sera plus un effet collatéral bénéfique. Ce n’est pas le but recherché.
Cyril : A aucun moment on s’est dit qu’on allait faire ce produit pour faire de l’argent. On avait juste envie de se faire plaisir.
Nous entendons bien tout cela, mais ce n’est pas vraiment notre propos. En terme qualitatif, il n’y a absolument rien à dire. Mais depuis l’apparition de la marque Tsume, on s’attend à l’exploitation de licence japonaise, on s’attend à l’annonce de nouveaux produits issus de licences japonaises pas forcément de dérivés comme ceux-là. Cyril, tu nous avais parlé l’an passé de nouvelles licences qui allaient totalement dans l’image que le public se fait de Tsume, tel qu’Hokuto no Ken. Si on devait « attendre » quelque chose de différent de la part de Tsume, on verrait plus l’annonce de produits issus de licences « oldies » japonais que du travail d’un illustrateur français. Tsume c’est griffe en japonais, c’est fort comme message. Au-delà du fait que votre public puisse trouver la Azzar’hi très réussie, on se dit qu’ils risquent d’être interpellés par ce produit.
Cyril : On voulait justement les surprendre. On s’est dit : « on va dévoiler cette pièce et personne ne s’y attendra » ! Jusque-là on a des retours super positifs.
J’ai toujours mis en avant le fait qu’on était européens et là j’avais envie d’aller plus loin.
Par contre, c’est un produit différent, c’est une HQS+ car dedans, en plus de la statuette, on y trouvera une lithographie, la signature de toute l’équipe, un making-of vidéo, et un livret d’illustrations. Tout ça pour 429 euros. Ce sera un produit vraiment classe avant tout destiné aux fans d’Aleksi Briclot.
On ne s’est pas dit que ce serait un produit pour la clientèle habituelle de Tsume.
« On voulait surprendre nos fans ! »
Vous ne vous êtes pas dit qu’il aurait été judicieux de créer une marque dérivée pour produire ce type de statuettes, pour ne pas brouiller l’image de Tsume ?
Sébastien : Le problème c’est que si tu lance une collection, ce n’est pas pour y mettre un seul titre.
Il n’y a rien de choquant à voir apparaitre une marque qui ne produise qu’une seule statuette, avec dans l’idée de développer la gamme en cas de succès. Ça s’est déjà vu dans le monde de la figurine.
Cyril : Si le succès est au rendez-vous, s’il y a un vrai engouement, peut-être que l’on créera une sous-marque de Tsume.
HQS, aujourd’hui, est vécu comme une gamme qui voit paraitre du Saint Seiya, du Naruto, du Bleach. L’Azzar’hi est présentée comme une HQS, donc entre dans la même "catégorie". C’est un peu comme si Megahouse sortait un héros de comics dans sa gamme Excellent Model, les gens ne comprendraient pas nécessairement.
Sébastien : La Ezio's Fury d’Assassin’s Creed était déjà une HQS !
Oui mais sans marque apparente dessus. C’est la marque Ubi Collectibles qui était mise en avant. Rien n’indique sur la boite, ni sur le socle, l’appartenance à Tsume et à la gamme HQS.
Sébastien : Sur la boite il est indiqué « HQS by Tsume ».* Mais c’était différent, c’était une commande. Celle d’Aleksi est une collaboration.
* NDLR : La marque n’apparait jamais sur le packaging, ni sur le dos du socle.
Et concernant la Terrence de Dreamland ? Sa production nous parait incompréhensible, bien plus que l’Azzar’hi. Elle est très réussie, mais, de notre point de vue, elle est hors sujet.
Sébastien : La statuette de Dreamland est réalisée pour le Dreamland Shop car l’auteur du titre, Reno, lance toute une gamme de produits dérivés autour de sa série. Ce n’est pas un produit Tsume.
Il a quand même été présenté un peu partout comme un produit Tsume !
Sébastien : Mais ce n’est pas nous qui le vendons.
Mais elle entre « officiellement » dans la gamme HQF (High Quality Figure) ?
Sébastien : Oui, bien sûr. Si demain Dargaud vient nous voir pour faire réaliser une HQF d’une de leur licence, et que nous pouvons la caser dans notre planning, nous la réaliserons sans soucis. Nous sommes éditeur et fabricant.
Cyril : Nous n’avons pas lié les gammes HQS et HQF à des univers, mais à des critères de qualité.
Vous ne pensez que c’est vraiment trop tôt pour lancer ce genre de produit ? Qu’il faut d’abord vous imposer dans la figurine manga ?
Sébastien : Les licences mangas appartiennent à des ayants-droit japonais qui peuvent, du jour au lendemain, décider de ne plus travailler avec nous. On a envie d’en faire, mais on a besoin de se développer en ne restant pas cantonnés au marché japonais.
De même, des marques comme Bandai peuvent se dire que finalement ils ont envie de refaire du Saint Seiya en France, et, en tant que partenaire privilégié, reprendre l’exclusivité de l’exploitation.
Ca nous parait tout de même un petit peu tôt, la marque est extrêmement jeune.
Sébastien : Oui, mais regardez le développement d’une marque comme Kazé depuis que l’entreprise a été rachetée par Viz Media. Elle travaille désormais énormément sur la synergie « médias-mix » avec le manga, l’animé, la musique, la VOD, leur chaine de TV. C’est super bien fait et à un moment donné les goodies vont finir par revenir là-dedans.
Vous vous définissez, donc, désormais comme une entreprise de production de figurines sans thème imposé ?
Sébastien : Absolument, Tsume est une entreprise de figurines, pas de mangas. Effectivement on fait surtout de la figurine manga parce que c’est juste ce que l’on aime le plus au monde.
« On fait surtout de la figurine manga parce que c'est ce qu'on aime le plus. »
Vous ne pensez pas qu’au contraire, pour contrer ces grands groupes japonais qui s’implantent en Europe, il faut plutôt s’ancrer dans ce que l’on sait faire, dans ce qui est le plus vendeur ?
Cyril : Malheureusement je ne pense pas. Si demain les japonais décident de vraiment venir en Europe, on ne pourra rien faire. Et ce sera déjà trop tard.
Sébastien : Pour l’instant tout va bien, tout se passe très bien. Mais ce qui est sûr c’est qu’une entreprise de merchandising qui coproduit un animé via le comité de production, sécurise son investissement en s’octroyant l’exploitation des produits dérivés. Ils auront toujours un droit de préemption sur le marché des produits dérivés.
En ce moment le marché des produits dérivés se développe énormément, on a la possibilité de travailler sur de même licences que d’autres entreprises en n’étant pas concurrentiels, et c’est parfait. Mais on ne sait pas à quoi ressemblera le marché dans 5 ans. C’est important d’avoir, dès maintenant, des pistes de sortie pour montrer aux gens qu’on sait faire tout un tas de choses.
C’est important de montrer que l’on ne vit pas que sur « une » licence.
A moyen terme vous ne souhaitez pas développer que le "genre manga", mais d’autres produits ?![]()
Sébastien : Tout à fait. On va développer le jeu vidéo entre autre.
Concrètement on a réalisé les statues taille réelle du stand Ki-oon. Et c’est totalement différent de ce que l’on faisait jusqu’alors.
Notre propos, finalement, était plutôt de dire qu’il serait judicieux de développer de nouvelles licences manga/animé, pour ne pas rester prisonniers de vos licences actuelles très shônen nekketsu (Naruto, Bleach, Saint Seiya). Avec un spectre de licence, de public et de gammes plus larges. Qu’en pensez-vous ?
Sébastien : On en revient toujours au même problème : en France le marché du manga c’est à 70% du shônen ! Donc le marché du dérivé est à son image. Tu peux sortir de la figurine de seinen ou de shôjô, mais j’y crois moyennement. Le young c’est différent, c’est à limite du shônen donc c’est faisable.
Il a quelque chose qui nous parait étrange sur le prototype présenté de la HQF de Gajil, le rendu peinture fait très résine, est-ce voulu ?
Cyril : Il faudra que vous voyiez le prototype en PVC, parce toutes les parties d’une PVC sont directement moulées dans la couleur dominante du rendu final. C’est ça qui fait la différence. Sur le Gajil, dont le proto présenté est en résine, on est obligés de sous-coucher d’une couleur unie et on arrivera jamais à avoir le même rendu qu’un prototype entièrement en PVC.
Changeons de sujet, pouvez-vous nous parler de l’avenir de cette gamme HQF ?
Cyril : On est en train de préparer une montée en puissance de la gamme HQF. Ca explique pas mal des soucis qu’on a en ce moment. Je ne veux pas qu’on aille trop fort dans ce segment qu’on ne maitrise pas bien. Je préfères partir sur quelque chose que je suis sûr d’arriver à faire plutôt que de me lancer dans un truc super balèze et me planter.
« On est en train de préparer une montée en puissance de la gamme HQF. »
Il y a eu des problèmes qualitatifs sur vos produits, car on constate que nombreux sont les produits repoussés ?
Cyril : Qualitatifs non, le gros souci qu’on a eu c’est l’emballage polystyrène. C’est un gros problème qu’on a. Tous les tests de casse qu’on doit faire on ne doit pas les faire sur des tests de casse « normaux ». C’est impossible, ce n’est pas suffisant. Les transporteurs ne respectent rien du tout.
Il y a un problème qu’on n’avait absolument pas pris en considération, c’est que nos colis sont énormes et donc finissent tous en bas de la pile du chaque camion. Et, du coup, les transporteurs balancent tous les autres cartons dessus, marchent dessus pour en attraper d’autres… Et ça on ne l’avait pas envisagé.
Ça a provoqué beaucoup de casse ?
Cyril : Sur Kenpachi on en a eu pas mal oui. On a réussi à tout résorber, mais ça a été très dur. On a eu des cartons fracturés, défoncés alors que j’avais été, moi-même, en Chine, tout tester. Et malheureusement ça n’a pas suffi.
Maintenant on est dans une phase où on se dit qu’il faut mettre les moyens dans le packaging. Jusqu’alors on faisait faire de la découpe main, mais désormais ce sera de la découpe thermoformée. C’est la raison majeure des retards, on a tout décalé pour revoir le polystyrène et le rendre plus protecteur. Comme vous le dites, on vend un produit haut de gamme donc on doit faire attention. Pour les notices, les protections, on ne doit rien laisser au hasard. Le packaging doit être au top, et le polystyrène aussi.
Tsume est une entreprise récente, on a encore beaucoup de choses à apprendre. Je suis content car les derniers produits qu’on a faits, on a réussi à les amener à un niveau supérieur, et il faut que l’on garde ce niveau pour tous nos prochains produits. L’Azzar’hi, la Naruto « Summon of Gamakichi » et le diorama EyeShield 21 ce sont des HQS « nouvelle génération ». Ce sont des produits que l’on a fait avec l’expérience de la production de Gaara. Les autres (Ikki, Kenpachi, Byakuya…) on les a commencés sans cette expérience, ils étaient déjà dans le flux. Il était trop tard pour revenir dessus.
Avec ces 3 « nouvelle génération » on a réussi à régler une bonne partie des problèmes artistiques et techniques. Et on va continuer dans cette direction.
Il y a une question que l’on pose vis-à-vis de l’avenir de Tsume. En effet, les productions que vous sortez sont énormes et ça pose un problème évident : vos acheteurs ne pourront pas en acheter beaucoup, sans doute pas plus de 3-4. Ça va poser un problème de renouvellement de votre clientèle non ?
Cyril : Il y a des sociétés qui travaillent depuis longtemps sur ce type de format (Sideshow, Bowen…), même si en Europe on a moins l’habitude de ce genre de tailles.
Oui, enfin là on parle de marques américaines qui conçoivent et produisent leurs statuettes pour leur marché domestique. Les américains ayant des habitations largement plus vastes que les nôtres, les soucis de place se posent moins de part chez eux surtout avec leurs possibilités de s’aménager des salles dédiées. D’où ces productions, et plus généralement leur besoin de « gigantisme ».
On entend souvent chez les clients ayant déjà acheté une de vos résines, le discours qui consiste à dire qu’au-delà de 3 ça deviendra difficile. La question de la « fidélité » de vos consommateurs va forcément se poser ! Etes-vous dans une logique de chercher perpétuellement de nouveaux acheteurs ?
Cyril : Selon un sondage que l’on a mené, les "acheteurs de licence" sont rarement les mêmes personnes, ils n’achèteront vraiment que des produits issus de la même série.
Ça ne change rien au problème. Une personne qui aura acheté le Gaara, le Deidara puis le Naruto, que fera-t-il avec la Sakura selon vous ?
Sébastien : Eventuellement ça fera 3 ans qu’il a Gaara chez lui, et peut-être s’en sera-t-il lassé et aura envie de la revendre. Comme elle aura été hyper limitée, il pourra la revendre un bon prix et ainsi pourra s’acheter sa Sakura !
Donc vous comptez sur une logique de turnover ?![]()
Sébastien : On n’est pas sur une logique en particulier mais il va y avoir tout un tas de choses qui vont jouer. Il va y avoir ça, et aussi que vu le rythme de parution relativement limité chaque année, le public continue de changer au fur et à mesure. Entre il y a 2 ans et demi quand on a présenté Gaara et l’année prochaine quand Sakura sera finie, il y aura 3 ans et demi qui se seront écoulé. Donc il y aura de nouvelles personnes qui avaient peut-être 17 ans à l’époque du Gaara et se disaient qu’ils aimeraient se l’acheter sans en avoir les moyens. Ils en auront 20-21 ans à la sortie Sakura et pourront se l’acheter.
Cyril : Malgré tout, j'ai, dans les cartons, un projet de résines au 1/8ème du volume d'une PVC de ce format. Ca permettrait un accès à tous niveau prix, et ça règlerai le problème de place.
« On n'avait pas le niveau pour faire la Naruto avant. »
Vous avez lancé votre collection de HQS Naruto en sortant Gaara puis Deidara, alors que la logique veut que l’on sorte le personnage principal quand on se lance dans une licence. Est-ce voulu ou subit ?
Cyril : C’est exactement ce que je ne veux pas faire. Je veux créer l’intérêt sur la durée. Si je sors Naruto en premier, l’intérêt retombe pour les suivants.
Sébastien :C’est un choix délibéré qui montre que chez Tsume on ne fait pas les choses comme tout le monde, qu’on ne veut pas faire les choses comme tout le monde ! Et que l’on fait les choses par passion, sans se préoccuper d’autre chose car si on sort Naruto ou Ichigo (pour Bleach) on est "surs" de vendre.
Cyril : Il y a aussi une raison pour laquelle on n’a pas sortis immédiatement les personnages principaux…
Sébastien : [Il le coupe] C’est parce qu’on n’avait pas les droits ! Mais dis-le ! Assume ! (Rires)
Cyril : Non, plus sérieusement c’est parce que je pense qu’on n’avait pas le niveau pour faire ce que l’on a fait sur le Naruto. Je préférai attendre que l’on soit au top pour se lancer dessus.
Vous êtes sur quelle quantité pour le Naruto ?
Cyril : 1000 !
Sébastien : Franchement on a réfléchit de longs moins avant de décider à ce tirage, parce que c’est énorme pour une résine. L’idée était de trouver le juste équilibre, en se disant que plus on en tirait, moins le prix de vente serait élevé et ainsi la rendre accessible à plus de monde.
Franchement elle est vraiment belle, je pense d’ailleurs que je vais me la prendre, et pourtant je n’aime pas Naruto.
Cyril : Ça tombe bien, Naruto t’aime pas non plus ! (Rires)
Envisagez-vous de faire réaliser une partie de votre production en Europe ?
Cyril : Absolument. Faire travailler des usines en Europe c’est le futur de Tsume. On ne peut compter sur la Chine sur le long terme. Actuellement ça va parce qu’on est tout le temps derrière eux, mais nous on n’est pas basés à côté comme les éditeurs japonais, le contrôle qualité est compliqué à entreprendre.
La prochaine étape de l’évolution de Tsume, c’est de travailler à faire produire en Europe. Ça prendra du temps, car ce n’est pas quelque chose que l’on fait en 3 mois, mais on y travaille.
« La prochaine étape de Tsume c'est de faire produire en Europe ! »
Où est-ce que vous imaginez son implantation ?
Cyril : Dans les pays de l’est, c’est clair.
Sébastien : Il n’y a pas que le côté « ils sont trop loin, c’est compliqué », si les gens travaillent en Chine c’est qu’en terme économique c’est soit plus avantageux soit ils n’ont juste pas le choix parce que c’est trop cher ailleurs. Sauf que le niveau de vie en Chine est en train d’augmenter de plus en plus, que le gouvernement français envisage de taxer les importations de Chine. En plus des raisons pratiques ou idéologiques qui peuvent te pousser à ne plus vouloir travailler en Chine, à un moment donné il va y avoir de vraies raisons économiques qui vont remettre en cause tout l’intérêt pour nous de faire produire là-bas.
Autant ramener notre production en Europe et avoir la satisfaction de produire de part chez nous.
Etes-vous surs qu’actuellement il y a une usine qui soit capable de faire ce type de produits en Europe ?
Cyril : Il n’y en a pas. Moi ce que je veux vraiment faire c’est de travailler là-dessus. Aujourd’hui mon équipe elle sait tout faire. Elle est capable de produire une résine de A à Z, donc on peut former des gens à ce « métier ».
Sébastien : On parle bien de résine, pas de PVC.
Cyril : Franchement, il ne faut pas se mentir, ce serait bien plus simple de gérer une usine, ou plutôt un atelier, car ce serait un atelier.
Combien faites-vous de contrôles qualité sur vos produits ?
Cyril : Deux par production, on se rend en Chine tous les 2 mois. Mais j’ai une personne là-bas qui vérifie tout.
Question PVC, quels sont les projets à venir sur les prochains mois ?
Cyril : On travaille toujours avec Kyodaï (DG Diffusion) qui nous commande les figurines PVC à paraitre, notamment les Fairy Tail. Elle sont éditées en double marque, en collaboration.
On a un programme assez chargé niveau PVC. On va continuer d’exploiter les licences Fairy Tail en HQF, Naruto et Black Butler en gamme Extra.
Quel avenir pour la gamme HQF, Cyril tu nous avais parlé, l’an passé, de figurines One Piece, où en est-on ?
Cyril : On est en contact avec des ayants-droit pour débloquer des licences, suite à l’exposition que l’on a tenue à Tokyo il y a peu. On est en train de travailler sur ce que l’on veut mettre en place, mais rien n’est fait et je ne peux pas vous en dire plus pour le moment.
Je pense que d’ici la fin de l’année, on aura des réponses concrètes.
Niveau PVC c’est plus ou moins en stand-by, il y aura peu de choses sur le court terme ?
Cyril : Ça avance mais ça prend du temps. Comme vous le savez Bandai est toujours sur la licence One Piece, et c’est compliqué mais ça commence à se mettre en place.
Et au rayon nouvelles licences, vous avez des choses à nous annoncer ?
Cyril : Au jour d’aujourd’hui on a rien signé, donc je ne peux m’engager sur rien. Mais ce que je peux vous dire c’est qu’enfin, si tout va bien, je devrais signer pour la licence Berserk. Je suis hyper content, c’est un truc de fou pour moi parce que je me suis battu pour la récupérer.
Par rapport à mon passif (de gérant de la société KMI, importatrice officielle des résines Art of War – NDLR), d’enfin pouvoir travailler cette licence que j’adore c’est un truc génial.
Sébastien : Par contre, si la licence est effectivement signée pour Berserk, ce sera sur la licence de la trilogie « Golden Age ».
Pas du tout sur le manga ?
Sébastien : Non, pas sur le manga…
Cyril : [Il le coupe] Mais avec validation de Miura lui-même (mangaka de Berserk – NDLR) !
« On va peut-être faire notre première résine interdite aux moins de 16 ans avec Berserk ! »
Il y a quelque chose d’étonnant quand même. Quand vous parlez de Berserk, on se dit que le style des sculpteurs et du peintre de Tsume iraient à merveille avec l’univers du manga mais nettement moins avec celui de l’animé qui est plus flashy.
Cyril : On aura des libertés de ce côté-là. Ne vous inquiétez pas, on veut faire des choses qui vont plaire aux fans de la licence.
Sébastien : On va peut-être faire notre première résine interdite aux moins de 16 ans avec Berserk !
Cyril : Je suis bien placé pour savoir que les fans de Berserk et clients d’Art of War n’ont pas ce qu’ils veulent.
Vous tablez sur quel format pour cette licence ?
Cyril : On n’a pas encore décidé, mais bon ce sera de la HQS.
Une autre licence en vue ?
Cyril : On est en discussion avec Toei Animation pour réaliser des productions sur Dragon Ball Z, mais aussi des résines One Piece.
Et que ferez-vous sur Dragon Ball Z ?
Sébastien : Si on fait du DBZ, ça ne ressemblera à rien de ce qui a été produit jusqu’alors. On fera uniquement des dioramas de scènes cultes de la licence, des scènes qui vont parler aux fans ! Ce sera des produits qui seront faits par des vrais fans de Dragon Ball ! Si je travaille dans ce milieu c’est grâce à DBZ, si on fait des choses autour de cet animé, il faudra que chaque résine me donne des frissons !
[Cyril, toujours aussi passionné, n’a pas pu s’empêcher de nous révéler le diorama DBZ sur lequel ils travaillent. Mais dans un souci de préserver la surprise des fans, nous avons choisis de censurer ce passage. Sachez que ce n’est pas à la demande de l’éditeur, mais que cela résulte d’un souhait de notre part de conserver intacte l’attente que souhaite susciter Tsume autour de Dragon Ball Z.]
Cyril : On vient d’obtenir la licence du jeu de Capcom Asura’s Wrath, on travaille dessus !
L’univers d’Asura’s extrêmement shônen vous correspond, en effet, plutôt bien !
Cyril : Franchement pour moi c’est du kiff !
Nous arrivons à la conclusion de notre entretien, merci à tous les deux pour vos réponses. Un dernier mot à destination de la communauté des collectionneurs ?
Cyril : J’espère avoir surpris les gens dans le bon sens. On va se battre pour augmenter encore le niveau de nos PVC et résines !






