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Second entretien avec M. Takanori, PDG de Good Smile Company

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Chose promise, chose due, voici le compte rendu de la visite réalisé pour Figure Maniax.

Good Smile : Aki Takanori

Photos des locaux, bureaux et atelier, et une nouvelle interview de  M. TAKANORI.

Bonjour, pourriez-vous nous expliquer les débuts de Good Smile Company et ce qui vous a amené à créer des figurines ?
Aki TAKANORI : La société Good Smile Company a été créée en mai 2001. Au départ, elle ne réalisait pas de figurine mais était une agence de talents artistiques.

A l’époque, je travaillais pas mal avec Max WATANABE (P-D.G. de Max Factory), qui passait beaucoup à la télé et qui écrivait des livres. Max Factory réalisait déjà des figurines à cette époque. Et petit à petit, avec l’aide de M. WATANABE, Good Smile a fait de  plus en plus de figurine, et s’occupait de moins en moins de son activité primaire de gestion des artistes. C’est en 2003 que nous  avons commencé à faire des figurines sérieusement.

Travailliez-vous dans le monde du manga et de l’animation avant de créer GSC ?
AT : J’ai travaillé pour Konami et puis par la suite, Banpresto, une filiale de Bandai. A ce moment là, je n’avais jamais participé à la  création d’une figurine, je participais surtout à la création de jeux et d’animes, mais surtout du coté des jeux vidéos.

Good Smile : Entrée du siège socialPourriez-vous nous détailler le processus complet de réalisation d’une figurine, depuis la décision de réaliser un personnage, jusqu’à  la sortie dans le commerce ?
AT : La première étape dans la réalisation d’une figurine est la réunion qui va déterminer quel personnage nous allons réaliser. Une fois cela décidé,  nous allons voir le détenteur de la licence. On leur détaille la pose souvent accompagnée d’une illustration pour montrer une idée de ce que la figurine va donner. Une fois les accords obtenus, on se lance dans le travail de sculpture.

Il faut compter 4 mois minimum  pour le sculpte d’une figurine, mais en étant réaliste, on est plutôt aux alentours de 6 à 10 mois. Il faut compter environ une année  complète pour réaliser une figurine, depuis la réunion préparatoire, jusqu’au jour de la commercialisation.

Y a-t-il une ou plusieurs figurines que vous n’avez pas pu réaliser pour des raisons techniques ou de licence ?
AT : Nous avons assez souvent des problèmes de figurines que nous ne pouvons produire à cause des licences difficiles à obtenir. Nous  n’avons pas réellement de problème technique, maintenant, nous sommes à même de pouvoir tout résoudre.

«J’aime beaucoup la Black Rock Shooter parce que le travail ne s’est pas limité à produire la figurine»

Parmi toutes vos productions, y a-t-il une figurine dont vous êtes particulièrement fier ?
AT : Hum … c’est difficile à dire. J’aime beaucoup la Black Rock Shooter parce que le travail ne s’est pas limité à produire la figurine, mais également à participer à l’animé (GSC est producteur de l’OAV Black Rock Shooter – NDLR).

Et parmi les Nendoroid, y en a-t-il une qui vous tient à cœur ?
AT : C’est surtout Haruhi qui me reste à l’esprit, la première version puisque c’est le premier personnage dont nous avons créé la version SD et je l’ai vraiment trouvée super mignonne, surtout sur le visage ou elle parait un peu en colère. Avant même de la vendre, on savait qu’elle allait faire un carton et ça a été effectivement le cas. C’est aussi grâce à cette Nendoroid que celles-ci on gagné  en popularité.

Good Smile : Nendoroid Nitro+Qu’est-ce qui vous à poussé à créer la gamme Nendoroid ? Le pari était assez risqué de sortir en premier le personnage Neko Arc qui n’est pas  vraiment populaire et de plus, lors d’un salon.
AT : Au moment de la création de la Neko Arc, on ne pensait pas à cela vraiment sérieusement. On ne se souciait pas vraiment de la vendre, mais ça a été une belle surprise.
On a aussi produit en 2006 cette Nendoroid (voir la photo) qui est  issue d’une personne réelle, travaillant chez Nitro+. Nous ne pensions vraiment pas en vendre et on ne s’en souciait même pas, on l’a  juste créée pour s’amuser. D’ailleurs, elle s’est effectivement très mal vendue (rire) mais c’est la seule Nendo à avoir de vrais cheveux.

Vous est-il possible de nous communiquer le chiffre d’affaires annuel de GSC ?
AT : Il est actuellement de 8 milliards de yens (70 millions d’euros environ – NDLR).

Dans ce chiffre quelle est la part réalisée par les statues, et par les Nendoroid ?
AT : Il y a trois catégories : les Nendoroid, les Figma et les statues et chacune représente environ 30% du chiffre d’affaire de l’entreprise. Mais seulement en terme de valeur, en volume les Nendoroid et les Figma sont beaucoup plus faciles à produire et puis elles sont bon marché et donc se vendent beaucoup plus.

Good Smile : BureauVotre entreprise ne s’occupe pas que de produire des figurines, mais aussi de les distribuer. Qu’est-ce qui vous donne le plus de travail, la production ou la distribution ?
AT : C’est la production. Plus particulièrement, la fabrication à la main du prototype avant de l’envoyer dans les usines en Chine. Et on arrive vraiment à un rendu superbe. A un mètre de cette figurine (M. TAKANORI montrait la Black Rock Shooter Original - NDLR), on ne voit pas la différence entre le prototype et le produit final. Le plus difficile a été en fait, la construction de l’usine pour concevoir ce genre de figurines très techniques.

En parlant des usines, pourriez vous nous dire, combien de figurines vous produisez en moyenne par jour ?
AT : Nous avons pas mal d’usines. Cela dépend de la complexité du modèle à produire. Mais par exemple, pour cette Black Rock Shooter (Original Ver.), en un mois, on en produit environ 80.000 exemplaires. En ce moment, 5 à 6 usines travaillent pour nous.

«Je suis vraiment admiratif des travaux que réalisent Alter et Max Factory»

Et les Figma, les Nendoroid ?
AT : En un mois, on produit de 100 à 120.000 Nendoroid. Et autant pour les Figma.

Good Smile : Bureau de M. TakanoriY’a t’il une figurine de vos concurrents qui vous fait envie ?
AT : Je suis vraiment admiratif des travaux que réalisent Alter et Max Factory. Mais je ne peux pas citer un modèle en particulier, parce qu’ils ont des sculpteurs de très haut niveau, je ne peux pas me limiter à citer une seule figurine. Ce sont nos rivaux, mais en même temps, ce sont aussi des « frères d’arme ».

Quelle est la proportion du travail à la main, lors de la production de masse d’une figurine ?
AT : Tout est pratiquement fait à la main. La peinture et  l’assemblage sont intégralement réalisés à la main.

Faites-vous des actions particulières pour lutter contre la contrefaçon ?
AT : C’est un point sur lequel on est inquiets. Peut-on seulement lutter contre la contrefaçon ?

Je suis allé à Shanghai, il y avait beaucoup de boutiques pour otakus et j’ai vu beaucoup de figurines. J’étais content de voir qu’environ 70% des figurines étaient nos productions, mais malheureusement 60% d’entre elles étaient des contrefaçons.

Good Smile : Strenght (Black Rock Shooter)En Chine, les contrefaçons ne sont vraiment pas chères, alors les gens qui n’ont pas d’argent pour acheter les originaux se rabattent sur les contrefaçons. En Asie, les acheteurs sont conscients d’acheter un produit pirate, ce qui n’est pas le cas pour ceux qui achètent sur internet.

Avez-vous une idée du préjudice que cause la contrefaçon sur votre chiffre d’affaires ?
AT : Je n’en ai aucune idée. Mais j’imagine que ça nous prend de 20 à 30% du C.A., surtout en Asie en fait. En Chine, c’est vraiment énorme.

Pour lutter contre cela, on veut vraiment que le public étranger puisse se procurer ses figurines en même temps qu’il regarde ses séries (M. TAKANORI parle du fansub, conscient que les étrangers suivent les séries en temps réel – NDLR), et à un prix raisonnable.

Si les produits ne sortent pas en temps réel, ce sont les pirates qui viennent à la place et prennent le marché, d’où la nécessité d’avoir les produits en même temps que les diffusions japonaises, puisque beaucoup de personnes du public sont des acheteurs volatiles.

Si, pendant qu’ils regardent leur série, la figurine est disponible, ils l’achèteront. Si ça vient plus tard, c’est trop tard, ils ne seront plus intéressés.

«Si les produits ne sortent pas en temps réel, ce sont les pirates qui viennent à la place»

Qu’avez vous pensé de votre première venue à Japan Expo et du public français ?
AT : J’ai été très surpris pas le nombre de gens présents. On est allés à des conventions aux États-Unis, en Italie, mais Japan Expo les dépasse largement. J’ai été également surpris du public qui connaissait les personnages qu’on exposait. Tôhô, Fate ou Haruhi sont connus au Japon, mais je ne savais pas que c’était le cas en France, c’était une bonne surprise.

Quels sont les rapports entretenus avec le bloggeur Danny Choo ?
AT : Danny Choo est un ami. C’est un type super qui adore Good Smile !

Good Smile : Strenght (Black Rock Shooter)Comment en êtes vous venu à produire sa mascotte en Figma ?
AT : Il a demandé encore et encore et encore avec insistance (rires) !

Il a gagné à l’usure en fait. Mais malgré tout, il y a eu pas mal de commandes ! Il faut dire qu’il fait beaucoup de pub sur son site. Il se dit « si je n’arrive pas à la vendre, je vais me faire crier dessus » (rires).

En ce moment, vous devez être en train de préparer le Wonder Festival qui aura lieu en février 2011. Serait-il possible d’avoir un petit aperçu de ce que vous allez y présenter ?
AT : Cela va surtout être relié à Miku et Black Rock Shooter. Il va y avoir une Miku super mignonne ! Il y aura aussi des informations sur nos nouvelles productions comme Panty & Stocking with Gaterbelt. Les Nendoroid seront vendues au festival.

Une dernière question, il n’y a quasiment que des personnages féminins qui sortent en figurine. Vous pensez que le marché est inexistant pour les personnages masculins ?
AT : Le marché se développe petit à petit pour les personnages masculins. Actuellement, c’est surtout Kotobukiya qui fait des figurines d’hommes, mais destinées à un public féminin.

Il y a pourtant une demande de figurines masculines, autres que des « fillettes » par un public masculin. On espère vraiment que le marché va se développer. Je vous remercie pour nous avoir accueillis et pour le temps que vous nous avez consacré. Au nom de tous vos fans français et de Figure Maniax, je vous remercie pour votre travail.
AT : Merci à vous, on fait de notre mieux !

Propos recueillis par mega69

Un grand merci à M. TAKANORI pour le temps qu’il m’a consacré, Miyahara pour son accueil
et la visite des locaux et à  M. LAPIE pour avoir fait l’interprète lors de la visite.

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